Deux livres dont on est le héros des années 80 posés côte à côte Le Talisman de la Mort et Les Maîtres des Ténèbres
Deux classiques des livres dont on est le héros des années 80 Le Talisman de la Mort et Les Maîtres des Ténèbres ressortis de l’étagère pour un retour en enfance

Ces livres mythiques des années 80 que l’on n’a jamais oubliés

Vous connaissez les livres dont vous êtes le héros ? Si vous êtes nés dans les années 80, comme moi ou presque, il y a de grandes chances que ces bouquins aient marqué votre jeunesse. À une époque sans smartphones ni notifications, ils nous offraient des heures d’aventure. Petit retour à l’ère de la low-tech… et des pulls vraiment, vraiment moches !

Je m’en souviens très bien. Près de mon école primaire, il y avait le bibliobus. Pour les jeunes d’aujourd’hui, ben c’était une bibliothèque dans un camion roulant qui s’installait juste à côté des écoles quelques heures après la classe, parfois le mercredi, et pour nous c’était un événement. On pouvait emprunter quelques bouquins, sans avoir besoin de se déplacer jusqu’aux grandes bibliothèques en ville. Un service simple, mais précieux, qu’on appréciait tous.

Deux livres dont on est le héros des années 80 posés côte à côte Le Talisman de la Mort et Les Maîtres des Ténèbres
Deux classiques des livres dont on est le héros des années 80 Le Talisman de la Mort et Les Maîtres des Ténèbres ressortis de l’étagère pour un retour en enfance

Bon, c’était pas bien large à l’intérieur. Il fallait pas être nombreux dans le bouzin, ça devenait vite compliqué mais on y trouvait de tout. Des livres bien sûr, mais aussi des cassettes audio pour nos super walkmans ou chaînes hi-fi topissimes du moment. Le nombre d’emprunts était limité, et il fallait tout rendre en parfait état. Sinon, impossible de renouveler ou pire, il fallait payer les dégradations. On avait notre petite fiche que la dame ou le monsieur du bibliobus rangeait par ordre alphabétique dans une boîte qu’elle pouvait verrouiller, la sécurité et confidentialité avant tout !

Et dans ce bibliobus, en cherchant au bon endroit, on trouvait parfois des livres dont on est le héros (LDVELH). En fait, on n’en voyait pas des masses car ils étaient souvent empruntés. De temps en temps, avec un peu de chance, on arrivait à en choper un. Et là, c’était le graal, enfin je parle pour moi ! J’adorais ces livres. Les dessins de couverture étaient superbes, bourrés de détails, et donnaient envie de commencer l’aventure tout de suite. Aujourd’hui, je les vois différemment. En analysant un peu plus l’objet, je me rends compte que tout était pensé. Même la police d’écriture était bien choisie, la taille suffisamment grande pour viser un jeune public, et ce petit rectangle placé au bon endroit pour rappeler de quelle série il s’agissait. Rien n’était laissé au hasard, et cette approche marketing de l’époque cartonnait.

Avant de se lancer tête baissée dans l’aventure, il fallait lire les règles pour pouvoir remplir la feuille d’aventure. Si vous n’aviez pas de dés, les auteurs avaient tout prévu avec la table de hasard. Le principe était simple mais un peu sujet à la triche car il fallait bien fermer ses noeil-noeil et pointer son crayon au hasard sur la grille de chiffres. Sans tricher !

Pour les combats, certains livres allaient encore plus loin avec une Table des coups portés. On savait exactement combien de dégâts on infligeait à l’adversaire et, surtout, combien on en prenait dans la tronche en retour. Ça simplifiait bien le combat.

Le site officiel de la série Défis Fantastiques annonce plus de 17 millions d’exemplaires vendus dans le monde, traduits en plus de 30 langues. Rien que ça ! Et derrière ces bouquins, on retrouve Ian Livingstone et Steve Jackson, deux Anglais nés au début des années 50, l’âge de mes parents quoi. Forcément, avec un carton pareil, leur machine à cash va leur ouvrir d’autres portes. Ils vont continuer sur leur lancée mais en version pixelisée. Ils vont surfer sur la vague du jeu vidéo et finir par donner naissance à une icône interplanétaire que vous connaissez bien. Oui, Lara Croft. Autant dire qu’ils ont amassé un bon petit pactole. Et si vous lisez ces lignes, il y a des chances pour que vous ayez participé à leur succès.

C’est presque un petit regret aujourd’hui de ne pas en avoir acheté étant gamin. À l’époque pourtant, ces livres se vendaient autour de 25 francs soit 9€ d’aujourd’hui, et 28 francs pour les plus gros, notamment ceux de la collection Sorcellerie. Pas hors de prix, mais suffisamment pour expliquer pourquoi on passaient par le bibliobus plutôt qu’à la caisse d’intermarché. Sur Leboncoin, on en trouve assez facilement. Mais attention, pas à n’importe quel prix. Ces livres sont devenus de vrais objets de collection, et certains sont suffisamment rares pour vous coûter la peau du cul.

D’ailleurs, il existe même un site dédié, une sorte de marketplace spécialisée dans les LDVELH. La collection complète est estimée aux alentours de 4000 balles quand même. Du coup, je me suis acheté 2 livres un peu au hasard, ceux que vous voyez en photo à la une de ce petit billet d’humeur. Et bien évidemment, je me suis prêté au jeu, j’ai ressorti ma boîte à cigares où je range mes dés depuis toujours, mon iPad pour afficher la fiche joueur où je peux écrire et c’est parti pour un tour avec le Maître des Ténèbres.

J’avais un peu peur de me faire dépouiller et trucider en moins de deux, car plus jeune je ne faisais pas long feu, un peu trop téméraire sûrement, mais au final j’ai bouclé l’aventure en 45 minutes, top chrono. J’étais certainement un peu moins malin à l’époque. L’expérience quoi.

Mon petit truc, c’est que j’ai noté systématiquement tous les numéros des paragraphes par lesquels je suis passé. D’une part pour ne pas me planter, parce que j’ai une mémoire de poisson rouge. Et d’autre part afin de comparer les passages de paragraphes la prochaine fois, un jour où je n’aurai absolument rien d’autre à faire de ma vie. Bon, je dis ça en rigolant, mais au final, ça reste un moment fun, rempli de nostalgie d’enfance.

Je me suis posé la question suivante, comment les auteurs faisaient pour s’organiser, lier tous ces paragraphes, ces chemins sans se perdre, sans se contredire, et sans que tout parte en vrille. Comment ils travaillaient pour construire toutes ces histoires. Après quelques recherches et visites sur des forums de passionnés bien déglingos, j’ai trouvé des gens qui se sont amusés à recréer ce qu’on appelle des diagrammes de flux.

Diagramme de flux d’un livre dont on est le héros montrant les embranchements et parcours possibles de l’aventure Les Maîtres des Ténèbres

Les créateurs organisaient leur rédaction comme un arbre généalogique sous forme de diagrammes. Le truc c’est qu’aujourd’hui ce serait ultra simple mais à l’époque, tout se faisait à la mimine avec un crayon et une feuille, enfin plusieurs feuilles millimétrées qu’ils collaient au mur ce qui formait une map géante. Pour s’y retrouver, ils jouaient avec des codes couleurs. Vert pour les chemins tranquilles, bleu pour les énigmes, rouge pour les morts subites. Et pour éviter qu’un bouquin ne fasse 3000 pages mais plutôt 400 car c’était leur cible maximum, ils faisaient converger plusieurs chemins narratifs vers des nœuds stratégiques, des passages obligatoires en quelque sorte.

Bon voilà, on pourrait en parler pendant des heures, mais je sens que je vais finir par vous perdre dans mon labyrinthe de paragraphes interminables. Alors si vous êtes arrivés jusque là, bravo, votre aventure ne s’arrête pas ici. Vous pouvez continuer à surfer sur mon blog et lire des p’tis articles qui me font plaisir de partager avec vous ici.

Et si vous connaissez les flux RSS, que j’utilise beaucoup, je vous invite à ajouter le mien. C’est un peu la feuille d’aventure version numérique de VincerolfBlog. Toujours à jour, et vous ne ratez jamais le prochain article. D’ailleurs, j’ai bien envie de vous parler prochainement de quelques logiciels de flux RSS sympas à utiliser pour rester informé sur les choses que vous appréciez. Merci de m’avoir lu, et à bientôt.