Le tout premier jeu de société

Voici le super cadeau qui va scotcher vos proches, surtout quand vous allez leur annoncer que le jeu royal d’Ur que vous venez de leur offrir est millénaire et plus ancien que les pyramides ! En tout cas, après m’être amusé à créer cet article, j’en veux un sur ma table basse, prêt à jouer, à côté de mon échiquier. Voilà, vous savez tout ! 😉

Ce petit article vous raconte brièvement l’histoire de ce jeu fascinant et vous donne accès aux véritables règles grâce à un certain Monsieur Irving Finkel, assyriologue au British Museum. Ce type est un spécialiste renommé des civilisations anciennes de Mésopotamie. Des gars comme lui, il n’y en a pas 100 dans le monde. Alors, on peut lui faire confiance sans hésiter. Vous êtes sur vincerolf.net, pile-poil à l’endroit qu’il faut pour découvrir les règles de ce jeu ancestral. Alors, c’est parti pour un petit voyage dans le temps avec un peu de blabla avant de parler du mode d’emploi.

On sait que le jeu royal d’Ur date d’au moins 4500 ans. Il a été retrouvé avec ses pièces et ses dés dans les tombes royales de la cité d’Ur lors des fouilles menées dans les années 1920 par l’archéologue britannique Leonard Woolley. Lui et son équipe ont découvert dans les tombes d’Ur, des bijoux, des instruments, des armes, des objets de décoration… et le jeu. Tous ces objets appartiennent à une période archéologique datée d’environ 2500 avant notre ère.

Le plateau original était un coffret en bois recouvert de plaques de coquille, incrustées de lapis-lazuli bleu et de calcaire rouge. Les vingt cases n’étaient pas peintes, mais décorées par un jeu d’incrustations géométriques. Il y avait aussi ces cinq cases stratégiques à rosette, des cases cruciales pour le déroulement de la partie.

Le jeu royal d’Ur était joué au Proche-Orient par les Sumériens, qui en sont très probablement les inventeurs selon Irving Finkel. Les Sumériens sont considérés comme l’une des premières grandes civilisations urbaines de l’histoire, apparue en Mésopotamie du Sud vers 4000–3000 ans avant J.-C. Ils ont joué un rôle fondamental dans le développement de la civilisation humaine.

Après sa découverte, personne n’avait idée sur la manière d’y jouer, alors les gens ont inventé des règles et puis un jour, une tablette poussiéreuse cunéiforme décrivant les règles a ressurgi des collections du British Museum. Elle est datée de 200 ans avant JC mais personne ne savait qu’elle parlait du jeu royal d’Ur jusqu’à ce qu’Irving Finkel tombe dessus et lise le texte. Il l’étudie et comprend qu’elle contient les règles, mais d’une version tardive du jeu. Cette tablette d’argile est à ce jour le plus ancien texte de règles de jeu connu au monde. Fascinant non !

Le plateau original est aujourd’hui conservé au British Museum. Il était en bois, décoré avec des morceaux de coquillages, du lapis-lazuli bleu et du calcaire rouge. Les 20 cases n’étaient pas peintes, mais ornées de motifs géométriques en incrustations. 5 cases à rosette sont particulièrement importantes pour le déroulement du jeu. Et c’est ce que nous allons voir maintenant que vous connaissez un peu son origine.


Les règles du jeu décrites sur la tablette cunéiforme

Le but est simple, faire traverser le plateau à vos sept pièces avant votre adversaire. Vous lancez les quatre dés, vous avancez d’autant de cases, vous entrez et sortez vos sept pions. Les cases rosettes vous donnent le droit de relancer et protègent vos pièces. Si vous terminez votre déplacement sur la case d’un adversaire, vous le renvoyez au départ, sauf s’il est sur une rosette. Le premier à sortir ses sept pièces a gagné. La tablette ajoute des éléments de pari et de divination, signe que le jeu avait aussi une dimension rituelle dans la Mésopotamie babylonienne.

But du jeu

Votre objectif est de faire entrer vos pièces sur le plateau, de leur faire parcourir tout le trajet puis de les retirer entièrement du jeu. La première personne qui retire toutes ses pièces a gagné la partie.

Matériel nécessaire

  • Un plateau du jeu royal d’Ur avec vingt cases
  • Sept pièces pour chaque joueur
  • Quatre dés tétraédriques avec deux pointes marquées sur chaque dé, sinon un dé de quatre pourrait faire l’affaire, mais vous n’aurez pas le résultat zéro possible.

Lorsque vous lancez les dés, vous comptez simplement combien de pointes marquées se retrouvent vers le haut. Le résultat peut aller de zéro à quatre.

Mise en place

Chaque joueur prend sept pièces de sa couleur. Au début de la partie, aucune pièce ne se trouve encore sur le plateau. Les joueurs décident qui commence puis jouent chacun leur tour.

Trajet des pièces sur le plateau

Le jeu royal d’Ur est un jeu de course avec un trajet bien défini. Chaque joueur utilise un chemin qui commence sur une case de départ, passe par une rangée partagée au centre du plateau puis termine sur une rangée de sortie réservée à ce joueur.

Les deux adversaires partagent donc une partie commune du trajet au milieu du plateau. C’est dans cette zone que les pièces se croisent et se gênent.

Déroulement d’un tour

À votre tour, suivez toujours la même séquence.

  • Vous lancez les quatre dés
  • Vous comptez le nombre de pointes marquées visibles
  • Si le résultat est zéro, vous ne pouvez pas jouer et vous passez votre tour
  • Si le résultat est supérieur à zéro, vous devez utiliser ce score

Avec un résultat positif, vous avez deux possibilités selon la situation sur le plateau.

  • Soit vous faites entrer une nouvelle pièce sur la case de départ si cette case est libre
  • Soit vous déplacez une pièce déjà présente sur le plateau en avançant du nombre de cases indiqué par le lancer

Vous ne pouvez pas dépasser la fin du trajet. Pour sortir une pièce, il faut obtenir exactement le nombre de cases restant à parcourir.

Les cases rosettes

Certaines cases du plateau portent un motif en forme de rosette. Ce sont des cases spéciales qui ont deux effets importants.

Premier effet, si votre pièce termine précisément son déplacement sur une rosette, vous rejouez immédiatement. Vous bénéficiez donc d’un lancer supplémentaire dans le même tour.

Deuxième effet, une pièce qui se trouve sur une case rosette est totalement protégée. L’adversaire ne peut pas capturer une pièce placée sur cette case et ne peut pas terminer son déplacement dessus.

Les rosettes rythment la partie. Elles offrent des bonus, des zones de sécurité et créent des moments où tout peut basculer.

Capturer une pièce adverse

Si vous terminez votre mouvement sur une case occupée par une pièce adverse, cette pièce est capturée et renvoyée dans la réserve de son propriétaire. Elle devra recommencer son trajet depuis le début du plateau.

Vous ne pouvez jamais terminer un déplacement sur une case occupée par l’une de vos propres pièces. Si toutes les cases possibles sont bloquées par vos pièces et que vous n’avez aucun mouvement légal, votre tour est perdu.

Une pièce posée sur la rosette centrale reste intouchable. Aucun joueur ne peut capturer une pièce installée sur cette case.

Sortir une pièce du plateau

Lorsque l’une de vos pièces atteint la fin de son trajet, elle doit encore quitter le plateau. Pour cela, il faut obtenir un lancer qui correspond exactement au nombre de cases restant à parcourir.

Par exemple, si une pièce se trouve à deux cases de la sortie, il faut obtenir deux avec les dés. Si le résultat est trop élevé, la pièce ne bouge pas et reste sur place.

Fin de partie et victoire

La partie se termine dès qu’un joueur a fait entrer toutes ses pièces et leur a fait suivre le trajet complet en les sortant toutes du plateau. Cette personne remporte le jeu royal d’Ur.

Même lorsqu’une personne semble largement en avance, la fin de partie reste souvent très serrée. Il suffit parfois de plusieurs lancers ratés pour laisser à l’adversaire le temps de revenir. C’est ce qui donne au jeu royal d’Ur un côté tendu et imprévisible, encore très moderne malgré ses 4500 ans d’histoire.

Retrouvez plus d’informations sur la source officielle royalur.net et jouer pour la première fois en ligne.